Depuis le 1er septembre 2026, les coiffeuses à domicile en micro-entreprise doivent pouvoir recevoir les factures électroniques de leurs fournisseurs via une plateforme agréée.
Vous êtes concernée même si vous êtes en franchise de TVA.
En revanche, rien ne change pour la note ou la facture remise à vos clientes particulières. Elles continuent de recevoir un document classique, sur papier ou sous forme numérique.
La facturation électronique coiffure à domicile se met en place en deux étapes : la réception des factures électroniques en 2026, puis l’émission de certaines factures professionnelles et l’e-reporting en 2027.
Voici ce que vous devez faire maintenant, et ce qui peut attendre.
Ce qui vous concerne depuis le 1er septembre 2026
Sur le groupe Facebook Coiffeuses à Domicile Sans Filtre (groupe indépendant du 1er Club, dont Vincent Lefrançois est l’un des administrateurs), la question a occupé les fils de discussion tout l’été. Une confusion y est revenue régulièrement : plusieurs coiffeuses pensaient que la franchise de TVA les dispensait de la réforme. Ce n’est pas le cas.
La franchise en base vous dispense de facturer la TVA, mais elle ne vous exclut pas pour autant du champ de la réforme.
Depuis le 1er septembre 2026, vous devez pouvoir recevoir les factures électroniques de vos fournisseurs lorsque ceux-ci sont eux-mêmes tenus de les émettre sous cette forme.
Concrètement :
| À faire | Ce que cela signifie |
|---|---|
| Choisir une plateforme agréée | Elle vous permet de recevoir les factures électroniques de vos fournisseurs |
| Vérifier votre référencement dans l’annuaire de la facturation électronique | Votre entreprise et son adresse de réception doivent être correctement identifiées |
| Anticiper les factures de vos fournisseurs concernés | Grossiste, assurance, téléphone, internet, logiciel ou autres fournisseurs professionnels peuvent progressivement vous envoyer leurs factures par ce canal |
| Ne pas confondre facture électronique et PDF | Un PDF ordinaire envoyé par e-mail ne répond pas aux règles de la réforme |
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Vous pouvez vérifier gratuitement dans l’annuaire de la facturation électronique si votre entreprise dispose bien d’une adresse de réception active.
Et pour vos clientes particulières ?
Pour vos clientes à domicile, les règles habituelles continuent de s’appliquer.
Vous n’avez pas besoin de demander l’adresse e-mail de chaque cliente pour lui envoyer une facture électronique.
Vous n’avez pas non plus à faire passer chaque note remise après une coupe, une couleur ou un brushing par une plateforme agréée.
La facturation électronique coiffure à domicile concerne en 2026 la réception de vos factures professionnelles.
À partir de septembre 2027, vos ventes aux particuliers seront concernées par l’e-reporting. Certaines données seront alors transmises à l’administration via votre plateforme, mais le document remis à la cliente restera une note ou une facture classique.
Quelle note remettre à une cliente particulière ?
La réforme ne modifie pas cette règle.
Pour une prestation de services d’un montant égal ou supérieur à 25€ TTC, vous devez remettre une note à votre cliente.
En dessous de 25€ TTC, la note doit être remise si la cliente la demande.
Elle doit notamment indiquer :
- vos coordonnées ;
- le nom de la cliente, sauf opposition de sa part ;
- la date d’établissement de la note ;
- la date et le lieu de la prestation ;
- le détail des prestations et produits facturés ;
- le montant total hors taxes et toutes taxes comprises.
La note est remise une fois la prestation réalisée et avant le paiement. Vous en conservez un double.
Exemple de note pour une prestation de coiffure à domicile
Voici un exemple simple de note pour une prestation de coiffure à domicile.
Marie Dupont, coiffeuse à domicile
12 rue des Lilas, 44000 NantesNote du 3 septembre 2026
Prestation réalisée le 3 septembre 2026 à Nantes
Cliente : Sophie MartinCoupe et brushing : 35€
Total HT : 35€
Total TTC : 35€TVA non applicable, article L. 223-3 du Code des impositions sur les biens et services
Cet exemple concerne une coiffeuse qui bénéficie de la franchise en base de TVA.
Si vous facturez un client professionnel, les mentions obligatoires sont plus nombreuses, avec notamment une numérotation chronologique et les informations d’identification de l’entreprise.
Vous n’avez pas encore choisi de plateforme : que faire ?
Le calendrier légal reste fixé au 1er septembre 2026 pour la réception.
Le 11 juillet 2026, le ministre chargé des Comptes publics a toutefois annoncé une approche de tolérance et de bienveillance pendant la phase de démarrage de la réforme. Cela ne supprime pas l’obligation. Si vous n’avez encore rien mis en place, mieux vaut commencer maintenant.
Vous pouvez procéder dans cet ordre :
- Vérifiez d’abord si votre logiciel de facturation, votre banque ou votre outil de gestion travaille déjà avec une plateforme agréée.
- Vérifiez le statut de cette plateforme dans les listes officielles.
- Choisissez votre solution si nécessaire.
- Contrôlez ensuite votre présence et votre adresse de réception dans l’annuaire de la facturation électronique.
- Gardez une trace de vos démarches et de votre inscription.
Le bon choix dépend surtout de votre façon de travailler. Une coiffeuse qui émet peu de factures professionnelles n’a pas les mêmes besoins qu’une entreprise avec plusieurs logiciels et un volume important de factures.
Regardez les fonctions réellement utiles, les conditions tarifaires et la possibilité de récupérer vos données si vous changez de solution. Des plateformes comme Tiime, Abby, Indy, Kolecto ou Henrri reviennent le plus souvent dans les retours du groupe Coiffeuses à Domicile Sans Filtre, la plupart avec une offre gratuite adaptée à un usage simple. Dans les témoignages recueillis sur le groupe, les tarifs annoncés vont parfois de 2,50€ à 12,50€ par mois selon la banque et l’agence, à revérifier au moment de l’inscription.
En cas de question sur la réforme, la DGFiP met également à disposition le numéro 0806 807 807.
Ce qui change le 1er septembre 2027
Pour une coiffeuse à domicile en micro-entreprise, deux nouvelles obligations deviennent importantes à cette date : l’e-invoicing et l’e-reporting.
E-invoicing : vos factures entre professionnels
L’e-invoicing concerne les factures entrant dans le champ de la facturation électronique entre entreprises établies en France.
Par exemple, si une entreprise vous demande de coiffer plusieurs personnes pour un événement professionnel ou si une société de production vous fait intervenir sur un tournage, la facture concernée devra passer par le circuit de facturation électronique.
Vous ne l’enverrez plus simplement sous la forme d’un PDF classique par e-mail.
E-reporting : vos prestations auprès des particuliers
Vos clientes particulières n’ont pas à recevoir de facture électronique.
Vous continuerez à leur remettre leur note comme aujourd’hui.
En revanche, certaines données liées à ces opérations devront être transmises périodiquement à l’administration par l’intermédiaire de votre plateforme.
C’est l’e-reporting.
Pour une coiffeuse qui travaille presque uniquement avec des particuliers, c’est cette partie de la réforme qui aura le plus d’effet sur la gestion quotidienne à partir de septembre 2027.
Quelles sanctions sont prévues ?
Pour l’émission des factures électroniques concernées, le non-respect de l’obligation peut entraîner une amende de 50€ par facture, dans la limite de 15 000€ par année civile.
Pour l’obligation de réception, le fonctionnement est différent.
Si l’administration constate que vous ne respectez pas l’obligation de recourir à une plateforme agréée, elle peut d’abord vous mettre en demeure de régulariser votre situation dans un délai de trois mois.
Si le problème persiste à la fin de ce délai, une amende de 500€ peut être appliquée.
Une nouvelle mise en demeure peut ensuite être adressée. Si la situation n’est toujours pas régularisée trois mois plus tard, l’amende peut atteindre 1 000€, avec de nouvelles sanctions possibles en cas de persistance.
L’objectif pratique reste simple : ne laissez pas la situation traîner si vous n’avez pas encore choisi votre plateforme.
Micro-entreprise et facturation électronique : les erreurs à éviter
Plusieurs confusions reviennent souvent sur le terrain.
« Je suis en franchise de TVA, donc je ne suis pas concernée. »
Faux. Les entreprises en franchise de TVA entrent elles aussi dans le champ de la réforme.
« À partir de septembre 2026, je dois envoyer une facture électronique à toutes mes clientes. »
Faux. Vos clientes particulières continuent de recevoir leur note habituelle.
« Un PDF envoyé par e-mail est une facture électronique. »
Faux dans le cadre de cette réforme. La facture électronique doit comporter des données structurées et passer par une plateforme agréée.
« Je dois émettre toutes mes factures électroniques dès septembre 2026. »
Pas si vous êtes une micro-entreprise. Votre obligation d’émission débute le 1er septembre 2027. En 2026, vous devez surtout pouvoir recevoir les factures électroniques de vos fournisseurs concernés.
« L’e-reporting signifie que mes clientes devront utiliser une plateforme. »
Non. L’e-reporting correspond à une transmission de données à l’administration. Vos clientes ne changent pas leur façon de recevoir leur note.
« Cette réforme m’oblige à ouvrir un compte bancaire professionnel. »
La réforme sur la facturation électronique et les règles concernant le compte bancaire sont deux sujets distincts.
Le vrai coût administratif de votre activité
Choisir une plateforme prend un peu de temps.
Mais cette nouvelle obligation s’ajoute surtout à une liste déjà longue : devis et factures, déclarations, cotisations, achats, comptabilité, suivi des seuils, TVA lorsque vous devenez redevable, conservation des justificatifs et changements réglementaires.
Le chiffre d’affaires, à lui seul, ne permet pas de voir tout ce que votre activité vous laisse réellement.
Si vous approchez du seuil de franchise de TVA pour les prestations de services, actuellement fixé à 37 500€ de chiffre d’affaires annuel pour le seuil de base, cette question devient encore plus importante.
Combien vous reste-t-il réellement une fois vos charges, vos frais, votre fiscalité et le temps consacré à l’administratif pris en compte ?
C’est à ce niveau d’activité que comparer les statuts peut devenir utile.
Et si vous ne vouliez plus porter toute cette gestion seule ?
Au sein du 1er Club de la Coiffure à Domicile, les coiffeuses recrutées en CDI continuent de travailler chez leurs propres clientes, avec leur planning et leur organisation.
Une partie de la gestion administrative et du suivi des obligations liées à l’activité est alors prise en charge avec l’employeur.
Cette option n’a pas le même intérêt pour tout le monde.
Le seuil de TVA est un bon moment pour se poser la question, mais il ne suffit pas à lui seul pour savoir quel statut est le plus intéressant. Votre chiffre d’affaires, vos frais et votre organisation comptent aussi.
Lorsque votre activité est installée et que la gestion devient plus lourde, comparer ce que vous laisse votre micro-entreprise avec ce que donnerait la même activité dans un cadre salarié peut devenir pertinent.
Si vous quittez votre micro-entreprise pour rejoindre le Club, vous n’avez plus à gérer une plateforme de facturation au titre de cette ancienne activité indépendante.
Si vous conservez une micro-entreprise en parallèle, les obligations liées à cette activité restent à votre charge.
Pour conclure
Le problème n’est pas la complexité de cette réforme. Le problème est de la traiter comme une seule échéance.
Pour une coiffeuse à domicile en micro-entreprise, la facturation électronique coiffure à domicile se met en place en deux temps :
- 1er septembre 2026 : vous devez pouvoir recevoir les factures électroniques de vos fournisseurs concernés via une plateforme agréée ;
- 1er septembre 2027 : vous devrez émettre vos factures B2B concernées sous forme électronique et transmettre certaines données de vos autres opérations par e-reporting.
Vos clientes particulières continueront, elles, à recevoir leur note ou leur facture habituelle.
Si vous approchez du seuil de TVA, la réforme pose aussi une question plus large : combien votre activité indépendante vous laisse-t-elle réellement une fois toutes ses obligations prises en compte ?
Comparer votre situation avec le cadre salarié du Club
La simulation vous permet de comparer votre situation actuelle avec ce que donnerait la même activité dans le cadre salarié du Club.
Résumer cet article avec :
FAQ sur la facturation électronique coiffure à domicile
Je suis coiffeuse à domicile en micro-entreprise et sans TVA. Suis-je concernée ?
Oui.
La franchise en base de TVA ne vous sort pas du champ de la réforme. Depuis le 1er septembre 2026, vous devez être en capacité de recevoir les factures électroniques de vos fournisseurs concernés.
Dois-je envoyer une facture électronique à mes clientes particulières ?
Non.
Une cliente particulière continue de recevoir une note ou une facture classique. À partir du 1er septembre 2027, certaines données liées à ces ventes seront transmises à l’administration dans le cadre de l’e-reporting.
Quelle est la différence entre e-invoicing et e-reporting ?
L’e-invoicing correspond à la facturation électronique de certaines opérations entre professionnels.
L’e-reporting correspond à la transmission à l’administration de données concernant les opérations qui ne passent pas par l’e-invoicing, notamment certaines ventes aux particuliers.
Une facture PDF envoyée par e-mail est-elle suffisante ?
Non, lorsqu’une opération entre dans le champ de la réforme.
La facture doit contenir des données structurées et être transmise par l’intermédiaire d’une plateforme agréée.
Que faire si je n’ai pas encore choisi ma plateforme ?
Commencez par vérifier votre logiciel de facturation, votre banque ou votre outil de gestion. Ils peuvent déjà proposer une connexion à une plateforme agréée.
Vérifiez ensuite le statut de la solution choisie et contrôlez votre adresse de réception dans l’annuaire de la facturation électronique.
Dois-je ouvrir un compte bancaire professionnel pour la facturation électronique ?
La réforme n’ajoute pas, à elle seule, une obligation générale d’ouvrir un compte bancaire professionnel.
Une banque peut proposer un service de facturation électronique, mais cela reste distinct des règles qui encadrent votre compte bancaire.
Une coiffeuse qui travaille uniquement avec des particuliers devra-t-elle émettre des factures électroniques ?
Pas pour ses prestations auprès des particuliers.
À partir du 1er septembre 2027, elle reste concernée par l’e-reporting de ces opérations.
Puis-je changer de plateforme agréée plus tard ?
Oui. Avant de choisir, vérifiez simplement les conditions prévues par votre prestataire, notamment pour récupérer vos données et changer de solution.
Informations réglementaires vérifiées à partir de la DGFiP, du ministère de l’Économie et de Légifrance. Les règles peuvent évoluer : vérifiez les textes officiels ou demandez conseil à votre professionnel de la comptabilité pour un cas particulier.



5 réponses
Bonjour quelle pourrait être la plate-forme ppf gratuite adaptée pour une coiffeuse à domicile avec clients particuliers uniquement
Bien cordialement
Bonjour,
Aujourd’hui, une grande partie des plateformes agréées annoncent des offres gratuites, mais cela ne veut pas dire qu’elles resteront gratuites quand les obligations deviendront effectives.
Pour une coiffeuse à domicile avec uniquement des clientes particulières, il faut retenir deux dates :
1er septembre 2026 : vous devrez pouvoir recevoir les factures électroniques de vos fournisseurs, par exemple vos factures de produits capillaires.
1er septembre 2027 : le e-reporting deviendra obligatoire pour transmettre certaines données à l’administration fiscale.
Notre conseil : attendre encore un peu, plutôt début d’été, avant de choisir une plateforme. Beaucoup de choses vont encore évoluer dans les prochaines semaines.
Et si cette partie administrative devient trop lourde, il existe aussi une autre option : devenir salariée du 1er Club. Dans ce cas, vous n’avez pas la facturation électronique à gérer vous-même.
Bonjour, un point à préciser : le PPF (Portail Public de Facturation) n’est plus utilisable comme plateforme de réception, il ne sert plus que d’annuaire technique. Il faut passer par une plateforme privée agréée.
Pour une activité comme la vôtre, uniquement des clientes particulières, l’article a été mis à jour avec un comparatif complet des solutions gratuites adaptées (Tiime, Abby, Indy, Kolecto, Henrri, SOLO) et des offres proposées par certaines banques. Vous y trouverez un tableau et les critères pour choisir selon votre profil.
Bien cordialement,
Vincent
Bonsoir,
Je suis coiffeuse à domicile, EI, depuis plus de 25 ans
Je travaille avec des carnets papier, numérotés de 0 à 50… lorsqu’il y en a un de terminé, j’en utilise un nouveau qui redémarre avec le numéro 0 !
Avez-vous une idée à me suggérer pour que la numérotation ne soit pas en doublon, pour ne pas avoir de problème avec la nouvelle réforme ?
On nous explique bien partout qu’il faut que la numérotation soit en continu et sans doublon…
J’attends votre réponse et vous remercie d’avance
Bonjour Nathalie,
Vous avez raison : chaque facture ou note doit comporter un numéro unique, établi selon une suite chronologique et continue. Vous ne devez donc pas recommencer un nouveau carnet avec exactement les mêmes numéros.
Pour continuer à utiliser vos carnets papier, vous pouvez compléter à la main le numéro préimprimé :
– si vous réalisez moins de 50 factures par mois : 06/26/01, puis 06/26/02, etc. ;
– si vous en réalisez davantage : vous pouvez ajouter le jour, le mois et l’année, par exemple 20/06/26/01.
L’essentiel est que le numéro complet ne soit jamais utilisé deux fois et que les numéros suivent l’ordre chronologique des prestations. Si vous terminez deux carnets au cours du même mois ou de la même journée, vous devrez ajouter un repère supplémentaire pour éviter tout doublon.
La réforme de la facturation électronique ne vous obligera pas à remettre une facture électronique à vos clientes particulières. Vous pourrez continuer à leur établir des notes ou factures manuellement.
En revanche, vous devrez utiliser une plateforme agréée :
– dès le 1er septembre 2026 pour recevoir les factures électroniques de vos fournisseurs ;
– au plus tard le 1er septembre 2027 pour transmettre à l’administration les données de vos prestations réalisées auprès des particuliers, par le système de e-reporting.
Enfin, les règles actuelles concernant vos clientes resteront applicables : une note est obligatoire pour toute prestation d’un montant égal ou supérieur à 25 € TTC. En dessous de 25 €, elle doit être remise si la cliente la demande.
Bien cordialement,
Vincent Lefrançois