Quel est l’impact de la TVA sur une activité de coiffure à domicile ?

Coiffeuse à domicile faisant le point sur la TVA, ses tarifs, sa trésorerie et son revenu réel.

Votre activité progresse. Vous avez plus de clientes. Votre chiffre d’affaires augmente. Puis une question arrive : est-ce que je vais devoir passer à la TVA ?

Pour une coiffeuse à domicile, ce n’est pas seulement une question administrative.

La TVA peut modifier vos tarifs, votre trésorerie, vos factures et votre revenu réel. Elle oblige aussi à regarder votre activité autrement : ce que vous encaissez, ce que vous gardez vraiment, ce que vous devez reverser, et ce que vos prix permettent réellement de financer.

L’erreur serait de paniquer. L’autre erreur serait de croire que cela ne change rien.

Cet article vous explique les règles générales applicables en 2026, les seuils à surveiller, les erreurs à éviter et les bons calculs à faire avant de modifier vos tarifs ou votre organisation.

Informations vérifiées le 23 juillet 2026. Les seuils et mentions de TVA peuvent évoluer. Avant toute décision fiscale, vérifiez votre situation auprès du service des impôts, d’un expert-comptable ou d’un organisme compétent.

Quand la TVA devient-elle un sujet pour une coiffeuse à domicile ?

La TVA devient un sujet quand votre chiffre d’affaires progresse et que vous approchez des seuils de franchise en base.

Tant que vous bénéficiez de la franchise en base de TVA, vous ne facturez pas la TVA à vos clientes. Mais si vous dépassez certains seuils, vous pouvez devenir redevable de la TVA.

Pour une activité classique de coiffure à domicile, on parle généralement de prestations de services. Le BOFiP cite les coiffeurs parmi les activités qui rendent principalement des services, avec des biens seulement accessoires, et qui relèvent de la limite de 37 500 €.

Source officielle : BOFiP — Franchise en base de TVA

Le seuil à surveiller

En 2026, pour les prestations de services, les seuils à retenir sont les suivants :

Situation Seuil 2026
Seuil de base de la franchise en base de TVA 37 500 €
Seuil majoré, ou seuil de tolérance 41 250 €

Si votre chiffre d’affaires dépasse 37 500 € sans dépasser 41 250 €, vous pouvez rester en franchise jusqu’au 31 décembre de l’année concernée, puis perdre le bénéfice de la franchise au 1er janvier suivant. Si vous dépassez 41 250 € en cours d’année, vous devenez soumise à la TVA dès le premier jour du dépassement.

Source officielle : Service-public — Franchise en base de TVA

Concrètement, il ne faut pas attendre la fin de l’année pour regarder vos chiffres. Si vous vous rapprochez du seuil majoré, vous devez suivre votre chiffre d’affaires de près.

Le seuil unique à 25 000 € ne s’applique plus

Vous avez peut-être entendu parler d’un seuil unique de TVA à 25 000 €. Ce point a créé beaucoup de confusion.

Pour 2026, il ne faut pas utiliser ce seuil pour votre activité de coiffure à domicile. Le seuil unique de franchise en base de TVA à 25 000 € ne s’applique pas.

Source officielle : Service-public — Suppression du seuil unique de franchise TVA à 25 000 €

Le bon réflexe est donc de vérifier les seuils applicables au moment où vous prenez votre décision, surtout si vous lisez des articles anciens ou des publications sur les réseaux sociaux.

TVA et micro-entreprise : deux sujets différents

C’est une confusion très fréquente.

Devenir redevable de la TVA ne veut pas dire automatiquement que vous sortez de la micro-entreprise. Une coiffeuse à domicile peut devenir redevable de la TVA tout en restant micro-entrepreneuse.

Source officielle : impots.gouv.fr — Micro-entrepreneur et TVA

Il faut donc distinguer trois choses :

  • le plafond de chiffre d’affaires de la micro-entreprise ;
  • les seuils de franchise en base de TVA ;
  • le revenu réel qu’il vous reste après cotisations, frais, produits, kilomètres et temps non facturé.

Mélanger ces trois sujets conduit souvent à de mauvaises décisions.

Franchise en base de TVA : ce que cela signifie concrètement

Quand vous êtes en franchise en base de TVA, vous ne facturez pas la TVA à vos clientes.

Pour une cliente particulière, c’est simple : elle paie le prix que vous annoncez. Si vous indiquez une coupe à 35 €, elle paie 35 €. Vous ne rajoutez pas 20 % de TVA.

Mais cette simplicité a une limite : vous ne récupérez pas la TVA sur vos achats professionnels.

Quand vous êtes en franchise de TVA

Si vous bénéficiez de la franchise en base :

  • vous facturez sans TVA ;
  • vous ne collectez pas de TVA auprès de vos clientes ;
  • vous ne récupérez pas la TVA sur vos produits, votre matériel ou vos achats professionnels ;
  • vous n’avez pas de déclaration de TVA à déposer ;
  • vous devez faire apparaître une mention spécifique sur vos factures.

La mention à mettre sur vos factures

Si vous êtes en franchise en base de TVA, vos factures doivent indiquer une mention spécifique.

La mention classique est :

TVA non applicable, art. 293 B du code général des impôts.

Attention toutefois : à compter du 1er septembre 2026, la référence évolue avec l’entrée en vigueur du Code des impositions sur les biens et services. Une période de tolérance est admise jusqu’au 31 décembre 2027 pendant laquelle l’utilisation de l’article 293 B du CGI reste acceptée sur les factures et documents commerciaux.

Source officielle : Service-public — Mentions des documents commerciaux et factures

En clair : vérifiez vos modèles de facture si vous publiez ou mettez à jour vos documents après septembre 2026.

L’avantage et la limite de la franchise

La franchise en base de TVA est pratique. Elle rend vos prix plus lisibles pour les clientes particulières. Elle simplifie aussi votre gestion.

Mais elle ne rend pas vos achats moins chers.

Si vous achetez des produits, du petit matériel, des serviettes, des capes, un sèche-cheveux ou certains équipements professionnels, vous payez le prix TTC. La TVA incluse dans ces achats reste une charge pour vous si vous n’êtes pas redevable de la TVA.

C’est pour cela qu’il ne faut pas regarder seulement le seuil. Il faut regarder l’ensemble de votre activité.

TVA collectée et TVA déductible : la différence essentielle

Quand vous devenez redevable de la TVA, vous devez comprendre deux notions simples :

  • la TVA collectée ;
  • la TVA déductible.

La TVA collectée est la TVA que vous facturez à vos clientes.

La TVA déductible est la TVA que vous pouvez récupérer sur certains achats professionnels, si les conditions sont réunies.

La différence entre les deux permet de calculer la TVA à reverser.

La TVA collectée n’est pas votre argent

C’est le point le plus important.

Quand une cliente vous paie un prix TTC, tout ce montant n’est pas votre chiffre d’affaires économique réel.

Une partie correspond à la TVA. Cette somme est collectée auprès de la cliente, puis reversée à l’administration fiscale, après déduction éventuelle de la TVA payée sur vos achats professionnels.

Source officielle : impots.gouv.fr — Taxe sur la valeur ajoutée

Exemple simple avec une prestation à 60 €

Prenons un exemple simple avec une TVA à 20 %.

Si vous facturez une prestation 60 € TTC :

Élément Montant
Prix payé par la cliente 60 € TTC
Chiffre d’affaires hors taxe 50 € HT
TVA collectée 10 €

Les 10 € de TVA ne sont pas votre revenu. Vous les encaissez, mais ils ne vous appartiennent pas.

Votre base économique réelle est de 50 € HT, avant cotisations, produits, frais de déplacement, assurances, outils, téléphone, temps administratif et autres dépenses.

C’est là que beaucoup de coiffeuses se trompent. Elles regardent le montant encaissé, alors qu’il faut regarder le montant réellement disponible pour l’activité.

La TVA déductible sur les achats

Quand vous êtes redevable de la TVA, vous pouvez, sous conditions, déduire la TVA payée sur certains achats professionnels.

Cela peut concerner par exemple des produits, du matériel ou certains frais liés à l’activité, à condition que les factures soient conformes et que les dépenses soient bien liées à votre activité professionnelle.

Source officielle : impots.gouv.fr — Déduire la TVA sur les achats professionnels

Il ne faut pas présenter la TVA déductible comme un cadeau ou un gain automatique. C’est un mécanisme de calcul. Il peut réduire la TVA à reverser, mais il dépend de vos achats, de vos factures et de votre régime.

Faut-il augmenter ses tarifs quand on passe à la TVA ?

C’est souvent la grande question.

La réponse directe : pas automatiquement. Mais il faut faire un calcul.

Si vous devenez redevable de la TVA, vous avez plusieurs possibilités :

  • augmenter vos tarifs TTC ;
  • garder les mêmes tarifs TTC ;
  • augmenter partiellement ;
  • revoir vos prestations, vos forfaits ou votre positionnement ;
  • retravailler votre organisation pour préserver votre revenu.

La mauvaise décision, c’est de ne rien calculer.

Ajouter 20 % n’est pas toujours possible

Sur le papier, vous pourriez vous dire :

Je facturais 50 €, je vais passer à 60 € TTC.

Mais dans la réalité, une cliente particulière ne raisonne pas en prix HT. Elle regarde le prix qu’elle paie.

Si votre coupe, couleur ou brushing augmente brutalement, certaines clientes peuvent accepter. D’autres peuvent réduire la fréquence des rendez-vous, comparer avec une autre coiffeuse ou refuser la hausse.

Cela dépend de votre secteur, de votre niveau de prix actuel, de votre relation avec vos clientes, de votre spécialisation et de votre capacité à expliquer la valeur de votre prestation.

Garder les mêmes tarifs réduit votre marge

L’autre possibilité est de ne pas changer vos prix.

Exemple : vous facturiez 60 € avant d’être redevable de la TVA. Vous continuez à facturer 60 € TTC.

Le problème, c’est que votre base HT devient 50 €. Votre chiffre d’affaires économique baisse, même si la cliente paie le même montant.

Vous encaissez toujours 60 €, mais une partie correspond à la TVA.

Si vos prix étaient déjà bas, si vos kilomètres sont importants ou si vos charges sont élevées, garder les mêmes prix peut fragiliser votre revenu réel.

Trois options tarifaires à comparer

Pour comprendre le sujet, il faut regarder ce que voit la cliente et ce que cela change pour vous.

Option Ce que voit la cliente Ce que cela change pour vous
Vous passez de 60 € à 72 € TTC Hausse forte Votre base HT est protégée, mais le risque commercial est plus élevé.
Vous restez à 60 € TTC Aucun changement visible Votre base HT baisse. Votre marge peut être fragilisée.
Vous passez à 65 € TTC Hausse modérée L’effort est partagé, mais il faut vérifier si cela suffit pour préserver votre revenu réel.

Ce tableau n’est pas une recommandation automatique. Il montre simplement que le passage à la TVA est une décision de prix, pas seulement une obligation fiscale.

La bonne décision dépend de votre situation

Il n’existe pas une seule réponse valable pour toutes les coiffeuses à domicile.

La décision dépend notamment :

  • de vos tarifs actuels ;
  • du niveau de prix dans votre secteur ;
  • de la fidélité de vos clientes ;
  • de la fréquence moyenne des rendez-vous ;
  • de vos frais de produits ;
  • de vos kilomètres ;
  • de votre temps de route ;
  • de votre volume de prestations ;
  • de votre capacité à regrouper vos clientes ;
  • de votre positionnement.

Une coiffeuse qui travaille sur un rayon court, avec des clientes fidèles, des prestations bien valorisées et peu de trajets inutiles n’a pas le même problème qu’une coiffeuse qui roule beaucoup pour des prestations peu rentables.

Avant de changer vos prix, il faut donc mesurer l’impact réel.

Vous approchez du seuil de TVA ?

Avant d’augmenter vos tarifs ou de freiner votre activité, mesurez l’impact réel sur vos prix, vos frais, vos kilomètres et votre revenu.

Mesurer l’impact de la TVA

Quel impact sur la trésorerie ?

La TVA peut créer une illusion dangereuse : celle d’avoir plus d’argent sur le compte.

Vous encaissez des montants TTC. Mais une partie doit être reversée.

Si vous ne mettez pas cette TVA de côté, vous risquez d’avoir une mauvaise surprise au moment de la déclaration ou du paiement.

Le piège de l’argent encaissé

Une coiffeuse à domicile encaisse souvent de nombreux petits montants : coupes, couleurs, brushings, prestations famille, déplacements, parfois ventes de produits.

Quand la TVA s’ajoute à cette gestion, il faut être plus rigoureuse.

Le problème n’est pas seulement de savoir combien vous avez encaissé. Le problème est de savoir quelle part vous pouvez réellement utiliser.

Une partie sert à payer :

  • les cotisations sociales ;
  • les produits ;
  • le carburant ;
  • l’entretien du véhicule ;
  • l’assurance ;
  • le téléphone ;
  • les outils ;
  • la TVA à reverser.

Si vous utilisez tout ce qui entre sur le compte, vous risquez de financer votre activité avec de l’argent qui ne vous appartient pas entièrement.

Pourquoi le suivi devient indispensable

Quand vous êtes concernée par la TVA, vous devez suivre au minimum :

  • votre chiffre d’affaires TTC ;
  • votre chiffre d’affaires HT ;
  • la TVA collectée ;
  • la TVA déductible ;
  • la TVA à reverser ;
  • vos dépenses réelles ;
  • vos kilomètres ;
  • votre revenu réellement disponible.

Plus votre activité progresse, moins vous pouvez piloter “à vue”.

La TVA oblige à poser des chiffres. Et parfois, elle révèle un problème qui existait déjà : des tarifs trop bas, trop de kilomètres, trop de temps non facturé ou une organisation trop dispersée.

Le vrai changement dans le quotidien

Le passage à la TVA ne change pas seulement les factures.

Il change votre niveau d’exigence dans la gestion.

Vous devez être plus attentive à vos documents, à vos échéances, à vos achats et à vos prix. Vous devez aussi mieux séparer l’argent encaissé de l’argent réellement disponible.

Pour certaines coiffeuses, ce n’est pas un problème. Pour d’autres, cela devient une charge mentale supplémentaire.

Et c’est précisément pour cela que la TVA doit être analysée avec votre organisation complète, pas isolément.

Quel impact sur le revenu réel ?

Votre chiffre d’affaires ne dit pas combien vous gagnez.

C’était déjà vrai avant la TVA. C’est encore plus vrai après.

Quand vous devenez redevable de la TVA, il faut distinguer trois niveaux :

Niveau Ce que cela signifie
Chiffre d’affaires TTC Ce que la cliente paie
Chiffre d’affaires HT La base économique hors TVA
Revenu réel Ce qu’il reste après TVA, cotisations, frais, produits, kilomètres et temps non facturé

Le revenu réel ne se lit pas sur le montant encaissé.

Il se calcule.

La TVA n’est qu’un élément du calcul. Pour comprendre ce qu’il vous reste vraiment, il faut aussi regarder les charges d’une coiffeuse à domicile et le revenu réel d’une coiffeuse à domicile.

Chiffre d’affaires TTC, chiffre d’affaires HT et revenu

Imaginons une coiffeuse qui encaisse 3 000 € TTC sur un mois en étant redevable de la TVA à 20 %.

Son chiffre d’affaires hors taxe n’est pas 3 000 €. Il est de 2 500 € HT.

Exemple avec 3 000 € TTC encaissés

Prenons un exemple simple. Une coiffeuse à domicile encaisse 3 000 € TTC sur un mois, après son passage à la TVA.

Élément Montant Ce que cela signifie
Montant encaissé auprès des clientes 3 000 € TTC C’est ce qui entre sur le compte, mais ce n’est pas le revenu.
Chiffre d’affaires hors taxe 2 500 € HT C’est la vraie base économique de l’activité avant cotisations et frais.
TVA collectée 500 € Cette somme doit être mise de côté, car elle ne vous appartient pas.
Base à analyser pour le revenu réel 2 500 € HT Il faut encore retirer les cotisations, produits, kilomètres, assurances, outils et temps non facturé.

Dans cet exemple, l’erreur serait de raisonner comme si les 3 000 € encaissés représentaient votre activité réelle. En réalité, avant même de parler de cotisations ou de frais, 500 € correspondent à de la TVA collectée.

Le vrai calcul ne commence donc pas à 3 000 €. Il commence à 2 500 € HT.

Ensuite seulement, il faut retirer ce qui pèse vraiment sur votre activité : les cotisations sociales, les produits, les kilomètres, le carburant, l’assurance, le matériel, le téléphone, les outils de gestion et le temps administratif.

La TVA ne remplace donc pas le calcul du revenu. Elle rend le calcul encore plus nécessaire.

La TVA peut révéler un problème de rentabilité

Si votre activité était déjà bien organisée, avec de bons tarifs et peu de déplacements inutiles, le passage à la TVA peut être anticipé.

Mais si votre activité était fragile, la TVA peut rendre le problème plus visible.

Par exemple :

  • vous faites beaucoup de kilomètres ;
  • vous facturez des prestations trop basses ;
  • vous acceptez trop de clientes éloignées ;
  • vous perdez du temps entre deux rendez-vous ;
  • vous ne calculez pas vos coûts de produits ;
  • vous confondez chiffre d’affaires et revenu ;
  • vous n’avez pas de marge suffisante pour absorber un changement.

Dans ce cas, le vrai sujet n’est pas seulement la TVA. Le vrai sujet est la rentabilité de la coiffure à domicile.

L’objectif n’est pas seulement de faire plus de chiffre d’affaires

Beaucoup de coiffeuses se fixent un objectif de chiffre d’affaires.

C’est utile, mais insuffisant.

Un chiffre d’affaires plus élevé peut être une bonne nouvelle. Mais s’il s’accompagne de plus de kilomètres, plus de fatigue, plus de produits, plus d’administratif et moins de marge, ce n’est pas forcément une activité plus confortable.

La bonne question est donc :

Est-ce que mon activité me laisse réellement plus de revenu, ou seulement plus de chiffre d’affaires à gérer ?

La TVA oblige à poser cette question clairement.

Quelles erreurs éviter ?

Le sujet TVA paraît technique. Pourtant, les erreurs les plus fréquentes sont très concrètes.

Confondre seuil TVA et plafond micro

C’est l’erreur la plus fréquente.

Le seuil de TVA ne doit pas être confondu avec le plafond de la micro-entreprise. Vous pouvez devenir redevable de la TVA sans sortir automatiquement de la micro-entreprise.

Cette confusion peut provoquer deux mauvais réflexes :

  • freiner volontairement son activité par peur de “sortir du régime” ;
  • continuer sans rien changer alors qu’il faut facturer et déclarer la TVA.

Croire que la TVA est un revenu

La TVA collectée ne vous appartient pas.

Elle transite par votre activité, mais elle doit être reversée après déduction éventuelle de la TVA récupérable.

Si vous la dépensez comme si c’était votre argent, vous fragilisez votre trésorerie.

Garder les mêmes tarifs sans calcul

Garder les mêmes prix peut être une décision volontaire. Mais cela doit être calculé.

Si vous gardez les mêmes prix TTC, votre chiffre d’affaires HT baisse. Votre marge peut donc diminuer.

Ce n’est pas forcément impossible. Mais ce n’est jamais neutre.

Augmenter brutalement sans stratégie

À l’inverse, augmenter tous vos tarifs de 20 % du jour au lendemain peut être risqué.

Certaines clientes peuvent comprendre. D’autres non.

Une hausse tarifaire doit être préparée. Elle peut être progressive, expliquée, intégrée dans de nouveaux forfaits ou accompagnée d’un repositionnement plus clair.

Le sujet n’est pas seulement fiscal. C’est aussi un sujet commercial.

Pour aller plus loin sur ce point, vous pouvez aussi revoir vos tarifs de coiffure à domicile.

Oublier les factures et les mentions

Si vous changez de régime TVA, vos factures doivent suivre.

Vous devez vérifier vos modèles, vos mentions, vos outils de facturation et vos habitudes administratives.

Attention à ne pas mélanger ce sujet avec toute la réforme de la facturation électronique en coiffure à domicile. Ici, le point important est simple : si votre situation TVA change, vos factures doivent être adaptées.

Utiliser des informations anciennes

Les règles de TVA ont connu des changements, annonces et abandons récents.

Ne vous fiez pas à une publication ancienne, à une vidéo non datée ou à un conseil vu dans un groupe Facebook.

Pour les seuils et les obligations, utilisez toujours une source officielle récente.

Quand faut-il comparer un autre cadre professionnel ?

La TVA ne veut pas dire que vous devez arrêter votre activité indépendante.

Mais elle peut être un signal.

Elle peut vous obliger à regarder votre modèle plus sérieusement : vos tarifs, vos clientes, vos kilomètres, vos frais, vos charges, votre protection et votre revenu réel.

Quand la TVA devient un déclencheur de réflexion

Il devient utile de comparer votre situation si :

  • vous approchez du seuil de TVA ;
  • vous hésitez à développer votre chiffre d’affaires par peur de la TVA ;
  • vous travaillez beaucoup mais gardez peu de revenu ;
  • vos kilomètres mangent une partie importante de votre marge ;
  • vous avez du mal à augmenter vos tarifs ;
  • vous ne voulez plus gérer seule toute la partie administrative ;
  • vous avez besoin de comparer votre activité indépendante avec un autre cadre.

Dans ces situations, le sujet n’est pas seulement : “Dois-je facturer la TVA ?”

Le vrai sujet devient :

Est-ce que mon activité est encore organisée pour me laisser un revenu correct, sans m’épuiser ?

Ce que votre comptable ne voit pas toujours

Votre comptable peut vous dire quand facturer la TVA, comment la déclarer et quelles règles respecter.

Mais il ne voit pas toujours le terrain : les clientes qui acceptent ou refusent une hausse, les kilomètres entre deux rendez-vous, les prestations trop basses, les journées mal regroupées, ou la fatigue qui augmente sans que le revenu suive.

C’est pour cela que la TVA ne doit pas être regardée uniquement comme une ligne fiscale. Elle doit aussi être lue comme un signal économique.

Comparer ne veut pas dire changer automatiquement

Certaines coiffeuses ont intérêt à rester indépendantes.

D’autres doivent comparer avec un cadre différent, surtout quand l’activité progresse mais que le revenu réel ne suit pas.

Quand la TVA devient un sujet, il peut être utile de comparer votre statut de coiffeuse à domicile avec d’autres cadres possibles.

Le 1er Club n’est pas une réponse automatique à tous les profils. La décision doit dépendre de vos chiffres, de votre secteur, de vos clientes, de vos kilomètres, de vos attentes et de votre situation personnelle.

C’est pour cela qu’une étude personnalisée est plus sérieuse qu’une réponse générale.

Pourquoi une étude personnalisée est plus utile qu’un calcul général

La TVA ne s’analyse pas seule.

Pour comprendre son impact réel, il faut regarder :

  • votre chiffre d’affaires actuel ;
  • votre chiffre d’affaires prévisible ;
  • vos tarifs ;
  • votre fréquence de rendez-vous ;
  • vos clientes ;
  • vos kilomètres ;
  • vos frais de produits ;
  • votre temps de route ;
  • votre temps administratif ;
  • vos objectifs de revenu ;
  • votre envie ou non de continuer à gérer seule.

Un seuil fiscal ne dit pas si votre activité est rentable.

Un calcul global peut vous aider à décider plus calmement.

Pour conclure

La TVA en coiffure à domicile n’est pas seulement une formalité fiscale.

Elle change votre manière de lire vos chiffres. Elle oblige à distinguer ce que la cliente paie, ce qui constitue votre chiffre d’affaires hors taxe, ce que vous devez reverser, et ce qu’il vous reste réellement après vos frais.

Le passage à la TVA peut être gérable si votre activité est bien organisée. Mais il peut aussi révéler des fragilités : tarifs trop bas, kilomètres trop nombreux, prestations peu rentables, trésorerie mal suivie ou administratif trop lourd.

Avant de prendre une décision, ne regardez pas seulement le seuil. Regardez votre activité complète.

Mesurer l’impact de la TVA

Vous approchez du seuil de TVA ou vous hésitez à modifier vos tarifs ?

Avant de décider seule, vous pouvez mesurer l’impact de la TVA sur votre activité avec une étude personnalisée : chiffre d’affaires, tarifs, clientes, kilomètres, frais, organisation et revenu réel.

L’objectif n’est pas de vous faire changer de cadre automatiquement. L’objectif est d’abord de savoir ce que la TVA change vraiment pour vous.

FAQ — TVA coiffeuse à domicile

Quel est le seuil de TVA pour une coiffeuse à domicile ?

En 2026, pour les prestations de services, le seuil de base de la franchise en base de TVA est de 37 500 €. Le seuil majoré est de 41 250 €. Si le seuil majoré est dépassé en cours d’année, la franchise cesse dès le premier jour du dépassement.

Une coiffeuse à domicile peut-elle rester micro-entrepreneuse avec la TVA ?

Oui. Une coiffeuse à domicile peut devenir redevable de la TVA tout en restant micro-entrepreneuse. Il faut distinguer le régime micro, les seuils de TVA et le revenu réel.

La TVA est-elle un revenu ?

Non. La TVA collectée auprès des clientes n’est pas un revenu. Elle est reversée à l’administration fiscale, après déduction éventuelle de la TVA récupérable sur certains achats professionnels.

Faut-il augmenter ses tarifs de 20 % ?

Pas automatiquement. Ajouter 20 % peut être difficile à faire accepter à des clientes particulières. Garder les mêmes prix peut aussi réduire la marge. Il faut donc calculer l’impact réel avant de décider.

Peut-on récupérer la TVA sur les produits de coiffure ?

Si vous êtes redevable de la TVA, vous pouvez déduire la TVA sur certains achats professionnels, sous conditions. Il faut notamment que les dépenses soient liées à l’activité et appuyées par des factures conformes.

Que mettre sur une facture sans TVA ?

La mention classique est : “TVA non applicable, art. 293 B du code général des impôts.” À compter du 1er septembre 2026, la référence évolue avec l’entrée en vigueur du Code des impositions sur les biens et services, avec une tolérance jusqu’au 31 décembre 2027 pour l’ancienne référence.

Que faire si je dépasse le seuil en cours d’année ?

Si vous dépassez le seuil majoré de 41 250 €, vous pouvez devenir redevable de la TVA dès le premier jour du dépassement. Il faut alors vérifier votre situation exacte, adapter vos factures, suivre votre TVA collectée et vous rapprocher d’un professionnel ou de l’administration fiscale.

Le seuil unique de 25 000 € s’applique-t-il encore ?

Non. Pour 2026, le seuil unique de franchise en base de TVA à 25 000 € ne s’applique pas. Il ne faut donc pas utiliser ce chiffre pour piloter une activité de coiffure à domicile.

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